26.12.2007
Mes réveillons
Les années se suivent et se ressemblent. Comme tous les ans, j'ai passé l'après-midi du 24 décembre au café du midi, le café de rassemblement de tous les jeunes ariégeois. Je le concède, le nom ne fait pas trop révêr, mais pourtant, le cadre est vraiment très sympa.
Et comme tous les 24 décembre, nous avons râlé sur le jour de noël, sur ce Réveillon lugubre qui nous attendait à tous, sur notre raz le bol de cette ambiance de Noël genre "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil..."
Et puis, vers 18 heures, mis à la porte par le patron du bar (qui doit avoir une vraie vie à côté du bar, avec une vraie famille avec qui passer Noël...) nous sommes rentrés dans nos chez nous respectifs.
La route qui me mène au Réveillon est pleine de brouillard. Je n'y vois pas à deux mètres... Une fois chez moi, la table du Réveillon n'est même pas mise. Mon père regarde un dessin animé devant la télé de la cuisine en s'enfilant un Ricard. Le combientième est-ce ? A-t-il passé son après-midi au bistrot lui aussi ? Mes craintes les plus fortes refont surface. Comment va se passer le Réveillon ?
J'ai trop connu de Réveillons pourris, où les larmes ont coulé à flots sur mes joues d'ado, sur celles de ma famille. Un Réveillon de 1993, chez moi. Mon grand-père est mort il y'a une semaine. Je parviens à gérer, c'est dur mais j'y arrive. Mon père, lui, ne gère pas. Il s'enfile les apéros. Au moment de passer à table, il est complètement torché. Le repas se passe mal. Je m'engueule avec mon père. Je me souviens que ce fût assez violent, j'ai terminé ma soirée enfermé dans la salle de bains, en chialant toutes les larmes de mon corps, avec interdiction d'en sortir jusqu'à nouvel ordre. M'en foutais, au moins, je ne le voyais pas. Ce qui me faisait chier, c'est que j'entendais ma grand-mère adorée qui elle aussi pleurait. Elle qui avait façonné une famille unie, invitant à chaque repas de Noël de mon enfance toute la famille, venue des 4 coins de la France, pour des repas titanesques... voilà que sa famille se barrait en couilles. Ce fût à peu de choses près comme ça pendant des années. Il fut un temps où je ne passais plus Noël avec mes parents. Je complexais de ne pas être avec eux durant cette soirée de l'année. Je complexais de les rendre malheureux de me voir m'en aller. Je complexais de ne pas correspondre au modèle de la famille Kinder qui passe de merveilleux Noëls... Mais tant pis, je partais avec des amis, je revenais après minuit.
Cette année, nous avons fait simple. A table pour 20h00, nous en sommes sortis à 21h00. Le repas s'est bien passé, sans cris ni larmes, quoi que à certains moments, le dérapage n'était pas loin. Soirée télé et dodo à minuit. Voilà mon réveillon.
Malgré tout, si je n'aime pas Noël, si je n'aime pas passer de longs moments avec mes parents, je les aime... C'est compliqué.
Et malgré tout ce que je viens de baver sur Noël, je vous souhaite à tous un joyeux Noël à vous et à ceux que vous aimez. J'ai aussi une pensée particulière pour ceux qui sont loin de leurs proches, ceux qui sont malades, ou encore seuls...
00:05 Publié dans mauvaise note | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, noël, journal intime, de tout et de rien, blog
Commentaires
Oui, ton manque d'interet pour la fete de noel peut se comprendre. Quand à ta relation avec tes parents, le "c'est compliqué" me semble à moi presque normal... Le temps de l'innonssance est loin, et bientot, le temps des aveux viendra... et peut etre bien que la salle de bain me servira de refuge aussi...
Ecrit par : cereal_killer | 26.12.2007
C'est en se délestant des scories de la vie que nous parvenons à alléger notre relation aux autres et à les accueillir dans ce que nous sommes pour ce qu'ils sont... et parfois, parfois, au milieu de tout cela, il y a une étincelle, quelque chose qui nous fait dire que cela vaut la peine.
Par contre, il ne tient qu'à toi de t'imposer les obligations et les impératifs auxquels tu obéis. La question ici pourrait donc être de t'interroger sur l'intérêt que tu y trouves, fondamentalement et intimement, et ainsi apprécier, assumer, prendre ce qu'il y a à prendre (et trois lexomil ;o)) et laisser le reste... biz et joyeux noël à toi quand même
Ecrit par : L'Elephant | 26.12.2007
Si tu introduisais une nouvelle molécule dans l'équation du repas familial de Noël, ça pourrait tout bouleverser... et n'oublie pas que ça pourrait être en bien aussi bien qu'en mal...
Mais... dans une configuration telle que celle que tu la décris, il est sûr et certain que c'est vraiment quitte ou double à la roulette russe ce coup-là...
Alors je garde mes conseils pour moi et je me contente de te faire (un peu en retard) un gros bisou de Noël.
Ecrit par : lancelot | 27.12.2007
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