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06/04/2008

Lettre

Je vous parlais récemment d'un élève qui a fait une bêtise et qui va passer en conseil de discipline.

Cet élève, je le suis depuis maintenant presque un an. Tous les jours je le vois dans mon bureau, tous les jours on fait le point sur son parcours, sa motivation... Souvent je le sanctionne, souvent je lui fais la morale. Un écorché vif, avec de gros soucis, des soucis qui feraient que le plus blindé d'entre nous se terrerait sous sa couette jusqu'à la fin de ses jours. Lui il essaye de s'en sortir. Je ne suis pas convaincu qu'il y arrive mais bon...

Cet élève donc a quitté le lycée jeudi soir après qu'on lui ait annoncé sa comparution devant le conseil de discipline, des larmes pleins les yeux, la main bandée après qu'il ait cogné la porte de toute ses forces. Un sentiment d'échec sans doute pour lui.

Le lendemain, cet élève passe au lycée. Il donne à une surveillante une lettre qui m'est destinée. Sur l'enveloppe, mon nom : " MR XXX".

A l'intérieur, une feuille de classeur à grands carreaux, tellement froissée qu'elle n'a pas du connaître beaucoup de classeur ou de chemise. Et cette feuille est une lettre :

" Monsieur,

Il est beaucoup plus facile pour moi de m'exprimer par écrit que par l'oral. C'est alors par la voix de cette lettre que je vous présente mes plus sincères regrets pour mon comportement d'hier. Je sais que vous faîtes beaucoup pour moi et j'aimerais juste faire la moitié de ce que vous faîtes pour moi. Ces quelques lignes ne sont que le pardon d'un élève parmi temp d'autres (SIC).

Cordialement."

Cette lettre m'a fendu le coeur. Ces pour ces quelques lignes que j'aime mon métier. Et non, cet élève n'est pas un élève parmi tant d'autres. C'est un jeune que j'aime beaucoup. J'espère pour lui qu'il ne sera pas exclu. Même si je sais que les collègues le souhaiteraient. Je peux les comprendre aussi. A moi, il ne m'a rien fait, sinon me donner envie de lui tendre la main.

Par contre, le jeune qui m'a dit vendredi "ton rapport je m'en bats les couilles tu peux te le mettre au cul..." ben lui...

Commentaires

C'est touchant effectivement. Sommes-nous aussi stupide que ça en France pour ne pas faire le rapport entre les mots "Exclusion", "Exlure", "Renvoi" et ce que vivent certains jeunes. Justement cela les renvoi à ce qu'ils vivent. Du coup aucun système ne les acceptent même pas le sytème éducatif qui devrait s'appeller à mon sens : éduc-actif. Pourquoi ne pas prendre exemple sur certains pays, qui n'acceptent plus des enfants trop perturbateurs pendant un certains temps des cours et qui au lieu d'être renvoyés dehors, dans la rue ou parfois pire dans leur famille... sont récupérés par un éducateur soit pour faire des travaux d'utilité dans le lycée ou réviser des matières où ils sont faibles.

Écrit par : Nicolas | 07/04/2008

faut vraiment lui mettre au cul !

Écrit par : Linkiseb | 07/04/2008

Ben oui, tu vois, on peut ressentir une forme de joie même dans des événement tristes. La joie de faire des choses "biens", d'être quelqu'un de "bien", qui compte pour d'autres personnes.
Bizzz

Écrit par : Le Gay Lapin | 07/04/2008

Nicolas...t'es dans le vrai

Écrit par : larrirette | 07/04/2008

@ Nicolas : déjà qu'on nous sucre des postes dans nos bahuts, alors de là à créer des postes d'éducateurs dehors...
@ Le gay lapin : c'est pour ça que (souvent mais pas toujours) j'adore mon métier.

Écrit par : anydris | 07/04/2008

:-)

Écrit par : Jarod_ | 09/04/2008

Les commentaires sont fermés.