30.09.2008
Best of mots d'absence
Vu sur des mots d'absence d'élève au bahut :
- "Randé vous ché l' HOFTALMO (OPTIC)"
Ceci explique peut-être cela.
- "Garde à vue"
j'ai mis ça dans "convocation extérieure"...
- "Vomit du sang"
Heu... c'est pas contagieux au moins ?
- "Pas envie de venir"
Je l'ai déchiré et collé deux heures. Tant pis pour lui. Il aurait dû se contenter de "malade".
- "Enfermé chez moi"
Après enquête, la mère était partie au travail en fermant la porte à clef, laissant son fils en train de dormir dans l'appart sans clef.
18:17 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.09.2008
Prof un jour, prof toujours
J'ai bien conscience que ce blog devient de plus en plus un blog de prof. Et je présente mes excuses aux non profs, et à fortiori à ceux qui nous considèrent comme des vernis flemmards chanceux videurs des caisses de l'Etat. Désolé.
Mais à bien y réfléchir, je vois deux raisons à tout ça.
La première raison, c'est que entre prof, on parle de trucs de profs. C'est comme ça, c'est quasi inévitable, une sorte de réflexe pavlovien. Normal non ? Mettez deux cuisiniers ensemble, ils vous parleront marmite, deux traders vous parleront CAC40... Je ne sais pas si cette règle est universelle mais elle est vraie pour les profs. Je ne sais pas si, à une soirée, vous avez eu la (mal)chance de tomber au milieu de profs, mais elle peut vite dériver en remake ambiance salle des profs. Et vas-y qu'on compare nos monstres pour savoir lequel nous a fait la pire crasse, et vas-y qu'on tape sur le dos de Xav (Darcos), et je remets une louche sur les collègues. C'est comme ça, on n'y peut rien, ça fait partie du package, comme la MAIF, la MGEN, la CAMIF et la CASDEN Banque Populaire.
La seconde raison est plus prosaïque. Quand je travaille, ben je ne fais pas grand chose à côté. Donc pas de soirée débridée à raconter, pas de cinéma récemment... Non pas que l'on vive en ermite, mais presque.
18:00 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.09.2008
De la moutarde sous la douche
Cette année, parmi les internes du bahut, il y'en a une qui, le moins que l'on puisse dire, n'a pas inventé l'eau chaude. Je dis ça pour rester poli parce que en fait, ça dépasse l'entendement les conneries qu'elle peut déblatérer. Mais bon, ne nous moquons pas. Enfin, pas pour le moment, attendez un peu que je vous raconte.
Il y'a deux jours, la jeune fille en question reniflait et pleurait en salle de perm. Inquiète et prévenante, ma super surveillante me l'amène dans mon bureau afin qu'elle puisse vider son sac et soulager sa grande peine.
Bon, autant le dire tout de suite, ce n'était pas gagné. Les premiers mots, ou plutôt les premiers sons, qui sont sortis de sa bouche ressemblaient à de gros snif plein de moutarde (si vous voyez ce dont je veux parler... merci à Bab pour l'expression que j'ai adoptée...) mêlés à des hoquets.
Moi, professionnel, je tente de la calmer, je lui tends un mouchoir en papier, qu'elle refuse d'abord. J'insiste. Il FAUT que tu te mouches. Merci. Je la questionne donc... Des soucis de famille ? Une peine de coeur ? Une mauvaise nouvelle ?
Niet.
Un problème avec une copine ?
-Oui-i-i-i-i-... me dit-elle la voix secouée de hoquets.
Et elle de me raconter : "C'est les filles à l'internat... elles disent que je ne me lave pas et que je me doigte..."
Moi, je vous le dis, il faut être sacrement professionnel dans ces cas-là pour ne pas éclater de rire. Bon, on va dire que je suis à demi-professionnel alors...
12:42 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, blog, photo
01.09.2008
Café, Biactol... brêves de rentrée
Le souci, quand on travaille dans l'Education Nationale, c'est pas toujours d'avoir à gérer les élèves... parfois, c'est de devoir supporter les collègues et composer avec eux.
Aujourd'hui, j'ai retrouvé les profs. Au menu, grande messe avec le Proviseur qui nous fixe nos objectifs, racontage de vacances, buvage de café soluble par hectolitres (pour cause de machine à café pas branchée), grignotage de tonnes de petits fours, exaspération collective au regard de la liste des classes et à la remémoration de certains zouaves qui peuplent nos classes et hantent nos couloirs.
Puis viennent les râleries des collègues. "Pourquoi je ne suis pas PP moi ? " (PP = Prof Principal), "Pourquoi je mange à 11h30 le mardi ? " "Pas moyen de m'enlever cette heure du matin, parce que non, vraiment, commencer à 8h30, c'est dur..." "ÔÔÔÔ mon Dieuuuuuuu ! Mais pourquoi vous avez repris cet élève ? Je croyais qu'on l'avait viré ? Nooooooooooon ! "...
Puis est venue l'heure de la photo de l'équipe, avec une nouveauté, c'est que cette année, je serai en photo sur le site internet du bahut, avec mes collègues de la vie scolaire. Trop la classe.
Et ce soir, nous avons installé nos élèves à l'internat. Les petits nouveaux ont l'air de gentils piou piou, tout frais sortis du collège. Je pense, à la vue des garçons, que le soir, ce sera Biactol pour tout le monde...
Mais c'est vraiment dur de me remettre dans le bain. Le matin, le réveil, je n'ai qu'une envie, c'est le fracasser contre le mur. Trop les boules.
Me dire qu'il s'agit sans doute (et avec un peu de chance) de ma dernière année dans ce lycée. Oui, il faut que ce soit ma dernière année. Pas moyen autrement.
Et demain, le spectacle commence, les élèves débarquent. Je stresse.
21:26 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, rentrée
26.08.2008
Rentrée + 2

N'ayez pas peur. Non, je ne suis pas un pervers sadique. Ce sont juste les masques de mes mannequins de secourisme. Des dizaines d'élèves ont fait le bouche à bouche dessus durant l'année scolaire dernière. J'avais un peu oublié de le laver. Ils ont passé l'été à moisir sous mon bureau... Un petit coup de machine à laver et ça va mieux.
Retour sur le chemin du travail... retrouver les automatismes, ne plus avoir une demi heure, une heure, pour prendre son café matinal... Ne plus allumer la Wii après le petit dej, ne plus se contenter de prendre le premier tee-shirt de la pile pour s'habiller...
Se garer sur le parking du lycée, que l'on avait laissé en travaux. Se rendre compte qu'il est toujours en travaux... pas de lino ni de peinture dans le hall, pas de foyer des élèves, pas de self, pas de salle des profs pendant un mois... Le pire dans tout ça, le pire, c'est que dans la salle des profs, et bien il y'avait ma meilleure amie : la machine à café !!
Pas de caféine pendant moultes et moultes journées... là c'est le drame intersidéral. Je crois que je vais investir dans un thermos. Pour la petite histoire, je suis responsable de l'entretien et du rechargement de la machine à café. Ben voui, les bénéfs, c'est pour la Maison des Lycéens, alors c'est bibi qui s'y colle. Au début, M. Miko, il était pas vraiment chaud pour nous prêter un distributeur de café parce que "les profs, avec toutes les vacances et leurs quelques heures par semaine, c'est pas rentable niveau consommation..." Ben tiens ! Le bougre, il hallucine. Notre salle des profs de 70 pelés, elle consomme en 9 mois l'équivalent d'une boîte de 300 employés qui n'auraient que cinq semaines de congés payés. Des tox' ces profs. Dès que l'on a fini avec nos monstres, on se rue sur la machine à café et aussitôt muni de notre gobelet, c'est direct la rue pour s'en griller une.
Retour à ma rentrée. Qui dit reprise dit emploi du temps. A quelle sauce ai-je été mangé cette année ? Plutôt pas mal, jugez plutôt :
- Lundi : 9h - 16 h
- Mardi : 10h- 22h30
- Mercredi : 7h00 - 16 h
-Jeudi : 10 h - 18 h
- Vendredi : Ben... rien, que dalle, nada, walou ! Comme les quatre dernières années, j'ai encore mon week-end de trois jours ! Dites-le que vous me détestez, je ne vous en voudrez pas. Vous pouvez.
Vous remarquerez que j'ai la joie d'être de service le mardi soir. Youpi, je vais retrouver mon lit pourri du lycée ! Mazeltof !
Sinon j'ai retrouvé mes collègues. Encore une surveillante qui va pondre ( vous avez remarqué cette épidémie de bébé ? Vite une capote sur la tête de tout le monde, y'a un virus...), des collègues plus ou moins content de reprendre ( mais je ne peux pas leur jeter la pierre pour ça...), un Proviseur qui tiens ab-so-lu-ment à ce que je passe le concours de chef d'établissement cette année.
Manque plus que les profs. Ah, oui, et les élèves. Je les oublie toujours eux. Dans une semaine, ils seront là.
Cette année, à la vie sco, avec mes collègues CéPéHeu, nous avons ouvert un registre des plus belles perles de nos élèves. Pour les garder en mémoire. L'occasion pour moi d'ouvrir une nouvelle rubrique.
21:33 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, blog, vacances, rentrée, photo
23.06.2008
Pour une école sans discrimination
Le thème de la marche des fiertés de cette année est "Pour une école sans discrimination".

Ce thème rappelle la circulaire de rentrée 2008. Tous les ans, en fin d'année scolaire, nous recevons la circulaire de la rentrée suivante qui annonce les priorités que l'on doit mettre en oeuvre pour l'année à venir. Cette année, la circulaire de rentrée, dans l'artcle 9 dispose :
"Lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie
L’école doit offrir à tous les enfants des chances égales et une intégration réussie dans la société. Sa mission est donc aussi de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, de permettre une prise de conscience des discriminations, de faire disparaître les préjugés, de changer les mentalités et les pratiques. Au sein des établissements, une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment l’homophobie.
Par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre la violence dans et autour des établissements demeure une priorité absolue."
Quand j'ai lu cette circulaire, je me suis d'abord dit : "Wouaouh ! Enfin le ministère qui se décide à faire quelque chose ! En voilà une idée qu'elle est bonne !"
Puis je l'ai relue en me concentrant (ben oui, je sais, c'est pas bien, mais j'avoue que souvent les circulaires, je les lis en diagonale tellement c'est chiant...)
Alors le ministre il me rappelle ma mission. Je dois "promouvoir l'égalité...pour changer les mentalités et les pratiques." OK, rien de neuf sous le soleil. Puis, j'apprend que l'an prochain, dans mon établissement, "une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes... notamment homopob[es]." Et enfin, "par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre les violences demeure une priorité absolue".
OK. heureusement qu'ils emploient le mot "demeure" parce que sinon on aurait pu croire que jusque là l'école était une zone de non droit où les élèves étripaient les profs et pouvaient s'insulter en toute impunité. Ouf, l'honneur est sauf !
Donc, voilà pour la relecture expliquée et commentée de cet article. En résumé, la seule et unique nouveauté, c'est que pour la première fois, le terme "homophobie" est employé. Mais ça ne va pas plus loin.
Il faut rappeler que pas plus loin que l'an dernier, l'homophobie n'était pas reconnue à l'école. Il y'a un logiciel qui s'appelle SIGNA (maintenant c'est CIVIS), dans lequel chaque bahut recense les actes de violence commis à l'école. Cela va de l'insulte au lancer de projectile, viol... etc... Les catégories sont très strictes et il est parfois ardu de signaler un fait de violence car il ne rentre pas dans une case. Bref, ce logiciel est là pour savoir comment va l'école. Et pour chaque acte, on doit préciser s'il a été commis avec une connotation particulière comme "antisémite", "raciste", "sexiste", "sous la menace et la contrainte"... Mais pas plus. L'an passé, j'ai mis à la porte quelques jours un élève qui avait traité un prof de "sale pédé". Puis j'ai voulu le signaler sur le logiciel et dans la catégorie "connotation", j'ai cherché la case "homophobe". Ne la trouvant pas, j'ai envoyé un mail au Rectorat qui m'a dit qu'il fallait utiliser la case "sexiste". Mouais. C'est pas que je nie l'existence d'insultes et actes sexistes, mais un "sale pédé" et un "grosse greluche", c'est pas la même chose.
Lutter contre l'homophobie à l'école, c'est louable. Mais il reste une question, et de taille : "comment ?". Quand je cherche sur internet des kits pédagogiques pour aborder ce thème, je tombe sur des sites québécois. En classe, j'imagine mal faire un cours "spécial homophobie"... Bien sûr cette notion est abordée, mais quand le programme le demande, par exemple en Éducation Civique Juridique et Sociale, ou en histoire avec la seconde guerre mondiale. Dans les bahuts du secondaire, il y'a aussi ce que l'on appelle les Comités d'Éducation à la Santé et à la Citoyenneté. Dans cette instance, on réfléchit autour de projets à mener, d'exposition, de manifestations à organiser, pour travailler autour de la citoyenneté et de la santé. Mais là, je dois dire qu'on sèche sur l'homophobie. Je suis désolé, certains me trouveront lâches, mais je me vois mal dire à une classe comme ça, de but en blanc, que les homosexuels sont des gens comme les autres. Ne vous méprenez pas, ils sont comme les autres (je serai bien con d'avancer le contraire), mais à mon sens, c'est trop l'affiche, une sorte de coming out détourné. Et ça, ben j'ai pas envie.
Nous allons sans doute détourner ceci en faisant appel à Amnesty International, pour parler des gays en Iran ou en Syrie (rappelons que le président syrien vient à Paris le 14 juillet), de la loi de 1981 dépénalisant l'homosexualité... Tout ça pour provoquer une réaction, une réflexion, et, pourquoi pas, un débat.
Bref, tout ça pour dire que, si les intentions sont louables, la mise en pratique s'avère difficile...
Pour la ptite histoire, hautetfort me souligne en rouge le mot "homophobe" et me propose "homophone..."
12:22 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, homophobie, gay pride, politique
20.06.2008
Rocco ?
En ce moment, au lycée, ce sont les inscriptions et réinscriptions pour l'an prochain. Pendant ce temps là, la vie scolaire est en ébullition. Entre les procédures d'affectation, les dossiers à envoyer, les parents à recevoir, les dossiers à vérifier... Il faut compter une douzaine de documents par élève. Des papiers partout, le bordel. Pour moi, qui suis une Bree Van de Kamp en puissance, si je ne me crée pas un ulcère avant la fin du mois, ça sera bien !
Sur la feuille de renseignements généraux, on demande :
Nom :...................
Prénom...............
Date de naissance.............
Sexe.......................
Et ainsi de suite...
Cela peut paraître très bête que l'on demande le sexe de l'élève, mais à mon lycée, il n'y a pas que des Coralie, Benjamin Matthieu et Sophie, dont on peut aisément savoir si la personne a une paire de couille entre les jambes ou pas à la seule évocation du nom.
Nous, on a beaucoup de prénoms étrangers, et franchement, parfois, c'est difficile de savoir si l'élève est un garçon ou une fille si on ne l'a pas sous les yeux.
Tout ça pour dire que aujourd'hui, j'ai eu un dossier, ainsi complété : (les prénoms ont été modifiés bien sûr...)
NOM : BETA
Prénom : Rocco
Date de naissance : 15/12/90
Sexe : 17 cm.
Voilà voilà ! Quand je vous dit que mes élèves sont super intelligents !
19:21 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, blog, sexe, de tout et de rien
06.06.2008
La place de la femme et la pédale anglaise
Le moment de l'année que je préfère est enfin arrivé : celui des examens de mes élèves. Pour une fois, je les vois un tantinet stressés... Bon ok, c'est pas la grosse panique, mais quand même. Deux minutes avant l'épreuve de maths ils viennent à la vie scolaire pour voir si par hasard, j'aurais pas une calculatrice à leur prêter. Ou encore des crayons de couleur pour l'épreuve de géo. Il y'a même les BEP comptables qui viennent voir si j'aurais pas un plan comptable en trop... Bref, ça se voit qu'ils étaient prêts !
Et comme tous les ans, je suis secrétaire de jury. En d'autres termes, j'organise les exams, et après, je réceptionne les copies pour expédition aux correcteurs. Et là, je me poile !
Cette année, en histoire, le sujet était "le travail des femmes de 1954 à nos jours." Le premier document était une pub Butagaz des années 1950, qui représente une femme assise à côté de son radiateur, avec ses enfants, alors que le mari entre du travail. Le slogan était quelque chose du genre "restez tranquille chez vous grâce à Butagaz"... La première question était :Que suggère ce document quant la place de la femme en 1954 ?
Et voici un florilège des réponses de mes zouaves :
- La place de la femme est bien au chaud.
- La femme est une femme à tout faire
- La place de la femme est assise
- La place de la femme est à côté de son radiateur alimenté par butagaz.
- C l'homme qui travail
- Cette pub suggère d'acheter un radiateur de la marque butagaz
- La place de la femme est assise dans une chaise
-Grâce à l'homme qui travaille ils ont pu s'acheter un radiateur
- La place de la femme suggère : une femme attendrit par ses enfants
- Cette publicité suggère la place de la femme à côté du radiateur...
Et en anglais, pour mon ami Lancelot, voici un florilège des plus belles franglaisisation :
- Citez une activité sportive tirée du texte : "free" ou encore "foot"
- It's very good you love at activité sportif
- It's a lieu fantastic for se retrouver with ses friends.
-You go came with me ?
-In the park, you can pedalling...
Et enfin, en français, le sujet de rédaction consistait en une lettre adressée à un proviseur je crois, dans laquelle on explique les choix que l'on ferait pour organiser une manifestation de sensibilisation des jeunes aux conflits actuels. La consigne était "Vous illustrerez vos choix".
Un candidat a dit qu'il choisirait une expo de photos ou de tableaux ("parce que les jeunes ça ne lit pas trop"). Et comme il tenait à respecter les consignes à la lettre, il a illustré ses propos :

C'est ti-pas merveilleux, ça, dans une copie de FRANCAIS !!!
Résultats le 7 juillet....
22:31 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, blog, école, prof
04.06.2008
Dans la fosse aux lions
Celà faisait un bail que j'en parlais, j'ai franchi le pas. Soucieux de préserver la planète (et accessoirement aussi mon porte-monnaie...), je ne prends plus la voiture pour aller au boulot. Désormais, comme tous les autres, j'ai mon abonnement de travail, ma carte Navigo et mon Ipod.
Comme tous les autres, je mets un point d'honneur à tirer le plus possible la gueuele le matin dans les transports en commun.
Comme tous les autres, je cherche les quotidiens gratuits pour agrémenter mon trajet.
Mais pas tout à fait comme tous les autres. Parce qu'à ma gare de banlieue, le quai pour Paris est bondé tous les matins. Mais moi, je travaille en Picardie ! Donc, comme un pauvre idiot, je suis tout seul le matin, sur mon quai, sous les yeux de tous ces parisiens qui me regardent en se disant probablement que je me suis trompé de sens. Que neni ! Moi, dans mon train, j'ai de la place assise, voire même allongée.
Je me tape toutes les gares pourries et paumées jusqu'au terminus, où je prends une correspondance. Un TER, parce que je quitte l'île de France. Et hop, 10 minutes après, me voilà dans arrivé. Enfin, pas tout à fait.
Et c'est là que le bas blesse.
Parce que pour aller de la gare à mon bahut, il faut que je traverse la cité. Et dans la cité, il y'a mes élèves. Les élèves actuels sont tous très gentils, ils me saluent, les plus âgés viennent me serrer la main... Les caïds, à 7h30, ça dort encore. Normal, ils sont couchés depuis pas longtemps.
Le problème, c'est le soir. Le soir, je traverse la cité, et là, les caïds, ils sont debout. Je suis désormais sur leur territoire. Ils me le font comprendre. Et la gare, c'est leur lieu de repère. Il n'y a pas une semaine sans que je n'entende parler d'un incident dans cette gare. Et ce soir, ça n'a pas manqué.
Alors que j'arrivais, j'ai repéré de loin deux anciens élèves qui tenaient les murs de la gare. Deux élèves virés par conseil de discipline, auquel je siège. Deux lascars qui m'ont laissé les pires souvenirs de ma toute jeune et fraîche carrière. Avec mon sac à la main, je ne pouvais feindre de m'être trompé de chemin et faire demi-tour. Je me suis donc engagé dans la gare. Le plus grand des deux et venu me voir, sourire de lascar aux lèvres. Vous savez, le genre de sourire qui veut dire "toi, tu vas en chier..."
Le second est rentré lui aussi dans la gare. Cet élève est vraiment de loin le pire que je n'ai jamais connu. Violent, ingérable, insolent, qui n'a peur de rien, qui n'écoute jamais rien, provocateur, intimidant, méchant gratuitement. Il est rentré dans la gare et a hurlé à tous ses collègues :
"Hé, c'est celui qui a fait virer M du bahut !" Il l'a répété plusieurs fois. Moi, pendant ce temps, je me décomposais littéralement. J'étais dans l'antre des loups, dans la fosse aux lions, j'étais leur proie, l'intrus sur leur territoire. Et vraiment, je n'exagère pas. Les jeunes sont venus me voir : "t'as fait quoi toi ??" "Kes ta fé???" "T'es qui toi ???"... Gardant toute mon assurance, je jetais un oeil au maître chien qui n'a pas bougé d'un poil. Un connard qui ne sert à rien. Cette affaire a duré deux bonnes minutes qui m'ont paru une éternité. Deux minutes durant lesquelles plusieurs jeunes m'ont encerclé...
Un grand-frère est arrivé. Vous savez, les grands frères vilipendés par Dati hier ? Et bien ce grand-frère a réussi à calmer tout le monde en deux secondes. Le train est arrivé, je suis monté. Dix minutes après, mes jambes en tremblaient encore.
Le pire, c'est que je suis vraiment pas un méchant au boulot. Toujours, je prends le temps d'expliquer les sanctions, les punitions, je fais des bilans réguliers, félicite toujours quand il le faut, mets en avant le meilleur d'eux-mêmes.
Mais là, je l'avoue, j'ai (encore) eu peur. Je m'en balance des propos iufmiens comme "c'est pas contre toi qu'ils en ont, c'est contre l'institution, contre ce que tu représentes..."
Je m'en branle. Je ne représente rien, je suis moi, j'ai eu peur, ça me gave. J'ai eu peur. Je suis prof, pas de la chair à canon.
20:05 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, sncf, violence, politique, journal intime
25.04.2008
De la cité de l'espace aux urgences
Hier après-midi, à 17h30, j'ai posé mes valises sur le parking du lycée, mais j'ai gardé celles qui pesaient sous mes yeux... De retour de 4 jours de voyage scolaire à Toulouse avec mes 30 élèves.
Globalement, tout s'est bien passé. Les élèves ont aimé le voyage, ce qu'ils ont découvert, et nous ont fait le reproche que ce séjour était trop court...
Je dis bien globalement.
Déjà, il a fallu se taper 10 heures de bus. Dans le bus, j'ai eu droit à de superbes films. Sexy Dance 2 (je ne savais même pas qu'il y'avait eu un Sexy Dance 1), et Coatch Carter. Deux chef d'oeuvre cinématographiques pour teen-agers. Vraiment bien. Des histoire de danse pour le premier et de basket ball pour le second. Ce qu'il y'a de marrant, c'est que à la fin du second film, le Dvix a enchaîné sur des dessins animés de Tintin. Pensant bien faire, je me suis rué sur le lecteur pour arrêter la lecture de ce film que je pensait que les élèves auraient jugé naze. Et bien figurez vous que quand j'ai appuyé sur "stop", je me suis fait huer par mes 30 gaillards qui voulaient connaître les aventures du lotus bleu. Comme quoi...
Et puis arrivé à Toulouse, il pleuvait. Des cordes. Les élèves m'ont accusé, en riant, de leur avoir menti. Nous n'étions pas dans le sud, mais en Bretagne...

D'ailleurs, les pauvres, ils avaient amené dans leurs valises des shorts et des bermudas, des tongs... J'ai découvert la tendance mode chez mes élèves : le short hawaïen. Ils en avaient tous. Ils déjeunaient avec dès le matin, en tong. Esprit très vacances tout ça.
Globalement, les élèves ont été cools. Globalement. Parce qu'on n'a pas beaucoup dormi, nous, accompagnateurs. La nuit, ça circulait dans les couloirs, à minuit, une heure, deux heures du mat'... ça criait hurlait... Et puis le matin, ils avaient du mal à se lever. Nous aussi remarque. Normal, dormir 4 heures par nuit, c'est pas tip top. Se lever toutes les heures pour aller demander le silence, ça fatigue. Faut dire qu'à l'auberge de jeunesse, il y'avait des filles. Et mes gars, ils ont dragouillé. Ils ont même réussi à avoir leur zéro six ! Quoi ? vous ne savez pas ce que c'est que leur zéro six ? Mais enfin, c'est leur numéro de téléphone !
Pour être in, il faut dire "passe moi ton zéro six..." et non plus "quelles sont tes coordonnées téléphoniques..."
Globalement, la rencontre avec les toulousains a été productive. Ils ont aimé leur accent. Le soir ils se foutaient de ma gueule en imitant les gens qu'ils entendaient avec leurs "putain con" à la fin de chaque phrase, les mots bizarres comme les poches (les sacs plastiques), les chocolatines (les pains au chocolat) et les mots inconnus comme "ça pègue..." (ça colle, c'est gluant...) Mais mes bourrins d'élèves ne se sont pas fait que des copains, en hurlant dans la rue "Nous c'est Pariiiis !!!" ou en disant " Toulouse c'est le trou du cul de la France, rien ne vaut Paris..." Après ils se plaignaient auprès de moi : "les toulousains, ils n'aiment pas les parisiens..." Je leur ai expliqué que ce qu'on n'aimait pas, c'était le parisianisme. Pas les parisiens.
Globalement, les visites prévues se sont bien passées. Enfin je crois parce que j'en ai zappé une, celle de la cité de l'espace. Car j'étais aux urgences, avec un de mes élèves. Trop trop bien. Lundi soir un élève, en jouant au foot, s'est fracassé le crâne sur un poteau des buts. Il m'a affirmé sur le coup que ça allait. Le lendemain matin, au réveil, il me dit que ça allait toujours. Alors que je rentrais dans la cité de l'espace, sa maman m'a appelé. Son fiston l'avait appelé au réveil, pour lui raconter son bobo et lui dire qu'il était devenu amnésique. Affolée, elle a exigé qu'il aille à l'hôpital. Alors que j'étais au téléphone avec la maman, j'ai regardé le bambin, qui à première vue, était dans son état normal. Il était en train de donner des claques à un mannequin de cosmonaute. Tant pis, je me suis sacrifié. 40 € de taxi plus tard, me voilà aux urgences avec lui. Il y'est resté 4 heures. 4 heures pendant lesquelles je n'avais comme occupation qu'un vieux Femme actuelle de 2006 pour me tenir compagnie dans la salle d'attente. Je suis un pro désormais pour savoir comment surprendre ses invités en dressant une belle table et pour savoir comment rester sexy même quand on est enceinte, ça peut toujours servir. Bilan des courses, tout était normal. Je le savais, mais au moins, la maman était rassurée.
Mais ce qui importe, c'est le global. Les élèves ont adoré visiter Airbus, voir le géant A 380 en phase de montage, ils ont aimé Toulouse, sa place du capitole ensoleillée, les magasins, les rues commerçantes et piétonnes. Ils ont aimé jouer aux cartes avec nous, les profs, le soir avant d'aller au lit. Nous avons partagé les petits déjeuners, pique-niqué ensemble... Je pense que tout ceci fera de jolis souvenirs. L'école c'est aussi ça : l'ouverture sur le monde, la découverte, les voyages... En tout cas, moi, malgré la fatigue évidente et les heures de sommeil en retard, je suis content de l'avoir organisé ce voyage.
09:31 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, vacances, toulouse, bretagne, urgences