29.06.2008

Ma première Gay Pride

   
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 ENSEIGNONS L'EGALITE

Voilà, je l'ai faite ma première gay pride parisienne ! Depuis 4 ans que je suis sur Paris, pas une seule année sans qu'un mariage ou autre ne vienne chambouler le calendrier et m'empêche d'assister et de participer à la Gay Pride.

Enfin, on ne dit plus Gay Pride, mais "marche des fiertés". Je n'aimais pas ce mot, cette expression. Devons-nous être fiers d'être homos ? Si nous avions eu le choix, qui, parmi nous, n'aurait pas choisi une vie hétérosexuelle, avec famille à la clef ? Donc le mot fierté ne me convenais pas. Je n'ai pas honte non plus d'être homo. Je suis. Point final.

Et bien sûr, c'est ce jour là que la RATP a décidé de se mettre en grève sur la ligne B du RER qui dessert Denfert Rochereau. La ligne 4 était blindée, c'était plein de copains et de copines dedans ! Chouette !

Maintenant, je l'avoue, j'ai changé un chouilla de point de vue. Sur je ne sais plus quel char, une fille hurlait dans son micro : "Pour vous les hétéros, c'est la fête 364 jours par an, aujourd'hui, c'est notre fête, mais on est sympas, on vous invite !"

Le thème c'était la lutte contre l'homophobie à l'école. Dur dur comme thème, et peu de chars on su illustrer cette prise de position. J'ai noté avec plaisir que les syndicats enseignants avaient, pour une fois, su faire preuve d'unité en dirigeant un char unique. Très punchy d'ailleurs au niveau musique les syndicats !

Mais la plus belle réussite est un petit char qui a dû passer inaperçu pour beaucoup, celui de l'association chrétienne David et Jonathan :

 

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 Leçon d'arithmétique : Tous différents, tous égaux

Puis au rayon engagement citoyen, j'ai beaucoup aimé le char discret d'Amnesty International, qui nous a ouvert les yeux sur la situation des LGBT dans de nombreux pays et sur le sort qui leur est réservé : la peine de mort. Avec une bande son qui répétait en boucle "pas d'homo à l'échafaud", on nous conviait à signer la pétition.

 

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J'ai aimé aussi l'humour et la justesse de l'association "Contact", qui regroupe les parents des LGBT. Contact dénonçait notamment le nombre de suicide parmi les jeunes gays et lesbiennes.

 

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Quelques queens aussi ont gentiment posé pour moi. Durant des années, je fustigeais ces Queens qui obnubilent les médias qui réduisent la marche à un défilé de plumes dans le cul et de paillettes. Maintenant, je les vois davantage comme une manifestation de la bonne humeur de ce défilé. Et puis comme le disait ma copine hétérote présente ce jour là, il y'en a qui sont mieux fichus que la plupart des vraies femmes. Désolé mesdames ! 

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Et puis il y'a eu aussi ce putain de mec qui a grimpé sur une cabine téléphonique pour se donner en spectacle. Au début, il avait un jean, qu'il a vite quitté pour danser en boxer bleu clair et en baskets. Bien sûr, le gars, pas un pet de graisse, des muscles de partout, des abdos à tomber, et il dansait vraiment bien. Bien sur, la foule hurlait pour qu'il vire son boxer, chose qu'il n'a pas daigné faire, ou du moins, pas en ma présence, le batard. Bon, par contre, je suis désolé, mais moi, le coup du slip plein à ce point, je n'y crois pas. Pas moyen, il y'avait du coton ou je ne sais quel autre subterfuge de remplissage. Comme me l'a fait remarquer Zom, pas possible, on aurait dit qu'il avait quatre couilles.

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M'en fou, on s'est bien rincé l'oeil quand même.

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Et bien sur, il y'avait la musique. Moi qui, d'habitude, est gentil comme tout, voire même réservé, je me suis surpris à boire de la bière dans la rue et à danser. Oui madame. Bon, je n'ai pas de photo de moi en plein pas de danse pour illustrer mes propos mais vous pouvez me croire sur parole. Côté musique, nous avons beaucoup aimé le char des associations sportives gays et lesbiennes, qui arrosait à coup de jets d'eau la foule compacte qui le suivait en dansant.

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A l'arrivée, le convoi a été suspendu par un accrochage entre les militants d'act up et le char de gaylib', les pédés et lesbiennes de l'UMP. Alors que le cortège s'était bien tenu, juste avant Bastille, Act' Up s'est retourné vers le char qui les suivaient (celui de GayLib', vous me suivez ?? ) pour les siffler, les huer, et scander "Pas d'UMP, à la marche des fiertés !" Durant dix bonnes minutes, enragés, ils ont hurlé sur des militants UMP qui n'ont pas bronché, continuant à agiter leur putain de drapeau UMP avec l'arbre bleu. Au bout d'un moment, Act'Up s'est carrément assis sur la route, bloquant ainsi encore plus le cortège.

 

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 Je ne sais trop que penser de cet affrontement. Dieu sait si je ne partage pas les visions de l'UMP, notamment en ce qui concerne les homos et la famille (quoique Morano semble s'être décoincée à ce sujet avec les mères porteuses... Pauvre Boutin qui enrage...). Ils ne nous apportent rien, pas un seul droit supplémentaire, pas de reconnaissance politique et légale. Quand je les vois défiler avec pour slogan :

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 LE CHANGEMENT C'EST NOUS !

 

Ben je me dis que c'est l'hôpital qui se fout de la charité. Si le changement c'est bien eux, ben allons-y, votez le mariage et l'homoparentalité ! Entendons-nous bien. C'était la marche des fiertés hein, pas celle du pouvoir d'achat et des heures supp'... Mais n'ont-ils pas le droit de défiler ?

Bref, j'ai passé une très bonne journée vraiment. J'ai vu plein de slips, de caleçons, de jeans qui tombent à mi fesses sans rien en dessous, de beaux ptits gars, des bisous dans les rues...

J'ai aussi vu un Ange en Kilt. On dit souvent que les anges n'ont pas de sexe. J'ai voulu vérifier en allant voir ce qu'il y'avait sous le kilt. Ben je confirme, les anges n'ont pas de sexe :

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23.06.2008

Pour une école sans discrimination

Le thème de la marche des fiertés de cette année est "Pour une école sans discrimination".

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Ce thème rappelle la circulaire de rentrée 2008. Tous les ans, en fin d'année scolaire, nous recevons la circulaire de la rentrée suivante qui annonce les priorités que l'on doit mettre en oeuvre pour l'année à venir. Cette année, la circulaire de rentrée, dans l'artcle 9 dispose :

"Lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie
 

L’école doit offrir à tous les enfants des chances égales et une intégration réussie dans la société. Sa mission est donc aussi de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, de permettre une prise de conscience des discriminations, de faire disparaître les préjugés, de changer les mentalités et les pratiques. Au sein des établissements, une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment l’homophobie.
Par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre la violence dans et autour des établissements demeure une priorité absolue."

Quand j'ai lu cette circulaire, je me suis d'abord dit : "Wouaouh ! Enfin le ministère qui se décide à faire quelque chose ! En voilà une idée qu'elle est bonne !"

Puis je l'ai relue en me concentrant (ben oui, je sais, c'est pas bien, mais j'avoue que souvent les circulaires, je les lis en diagonale tellement c'est chiant...)

Alors le ministre il me rappelle ma mission. Je dois "promouvoir l'égalité...pour changer les mentalités et les pratiques." OK, rien de neuf sous le soleil. Puis, j'apprend que l'an prochain, dans mon établissement, "une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes... notamment homopob[es]." Et enfin, "par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre les violences demeure une priorité absolue".

OK. heureusement qu'ils emploient le mot "demeure" parce que sinon on aurait pu croire que jusque là l'école était une zone de non droit où les élèves étripaient les profs et pouvaient s'insulter en toute impunité. Ouf, l'honneur est sauf !

Donc, voilà pour la relecture expliquée et commentée de cet article. En résumé, la seule et unique nouveauté, c'est que pour la première fois, le terme "homophobie" est employé. Mais ça ne va pas plus loin.

Il faut rappeler que pas plus loin que l'an dernier, l'homophobie n'était pas reconnue à l'école. Il y'a un logiciel qui s'appelle SIGNA (maintenant c'est CIVIS), dans lequel chaque bahut recense les actes de violence commis à l'école. Cela va de l'insulte au lancer de projectile, viol... etc... Les catégories sont très strictes et il est parfois ardu de signaler un fait de violence car il ne rentre pas dans une case. Bref, ce logiciel est là pour savoir comment va l'école. Et pour chaque acte, on doit préciser s'il a été commis avec une connotation particulière comme "antisémite", "raciste", "sexiste", "sous la menace et la contrainte"... Mais pas plus. L'an passé, j'ai mis à la porte quelques jours un élève qui avait traité un prof de "sale pédé". Puis j'ai voulu le signaler sur le logiciel et dans la catégorie "connotation", j'ai cherché la case "homophobe". Ne la trouvant pas, j'ai envoyé un mail au Rectorat qui m'a dit qu'il fallait utiliser la case "sexiste". Mouais. C'est pas que je nie l'existence d'insultes et actes sexistes, mais un "sale pédé" et un "grosse greluche", c'est pas la même chose.

Lutter contre l'homophobie à l'école, c'est louable. Mais il reste une question, et de taille : "comment ?". Quand je cherche sur internet des kits pédagogiques pour aborder ce thème, je tombe sur des sites québécois. En classe, j'imagine mal faire un cours "spécial homophobie"... Bien sûr cette notion est abordée, mais quand le programme le demande, par exemple en Éducation Civique Juridique et Sociale, ou en histoire avec la seconde guerre mondiale. Dans les bahuts du secondaire, il y'a aussi ce que l'on appelle les Comités d'Éducation à la Santé et à la Citoyenneté. Dans cette instance, on réfléchit autour de projets à mener, d'exposition, de manifestations à organiser, pour travailler autour de la citoyenneté et de la santé. Mais là, je dois dire qu'on sèche sur l'homophobie. Je suis désolé, certains me trouveront lâches, mais je me vois mal dire à une classe comme ça, de but en blanc, que les homosexuels sont des gens comme les autres. Ne vous méprenez pas, ils sont comme les autres (je serai bien con d'avancer le contraire), mais à mon sens, c'est trop l'affiche, une sorte de coming out détourné. Et ça, ben j'ai pas envie.

Nous allons sans doute détourner ceci en faisant appel à Amnesty International, pour parler des gays en Iran ou en Syrie (rappelons que le président syrien vient à Paris le 14 juillet), de la loi de 1981 dépénalisant l'homosexualité... Tout ça pour provoquer une réaction, une réflexion, et, pourquoi pas, un débat.

Bref, tout ça pour dire que, si les intentions sont louables, la mise en pratique s'avère difficile...

Pour la ptite histoire, hautetfort me souligne en rouge le mot "homophobe" et me propose "homophone..."

04.08.2007

Gay Pride Amsterdam

Je viens d'appeler mon homme, qui est à Amsterdam. Il y'est pour la Gay Pride, avec des collègues du boulot, sa boîte fait défiler un char.

Donc, 21h30, je l'appelle :

-Allô, ça va ?

- (MUSIQUE oui A FOND ça va QUI CASSE je suis LES OREILLES dans la rue)

- ça se passe bien ?

- ( oui oui MUSIQUE y'a du monde A FOND CRIS plein les rues DE GENS QUI c'est la fête S'AMUSENT )

- c'est chouette alors !

- ( CRIS oui, je DE GENS te laisse ET MUSQIUE j'entends mal ENCORE bisous )

Moi aussi je t'aime mon homme. Pense à moi !

01.06.2007

Mes réflexions sur la communauté gay

La gay pride parisienne du 30 juin, vous y serez vous ?

Moi non, encore une fois, je vais la louper ! Ce jour là, je serai invité à un mariage ! Drôle de coïncidence ! Célébrer l'amour légal, ne pas pouvoir fêter l'amour que je pratique... l'ironie...enfin bref...

Pourtant, j'aurai aimé en faire partie. Je n'aurais sans doute pas sorti un pantalon ultra moulant que je ne possède d'ailleurs sans doute pas. J'aurais juste aimé marcher dans la rue avec mon homme, des amis, croiser peut-être (enfin) certains blogueurs que je lis souvent. J'aurais aimé ressentir ce sentiment d'appartenance à une communauté, cette fierté annoncée par le nom de la marche.

Je dois avouer que jusque là, je n'ai jamais ressenti le besoin de faire partie de la communauté gay. Pas envie, pas besoin. J'ai grandi et évolué jusqu'à récemment dans un milieu 100 % hétéro dans lequel les seules images gay étaient celles montrées par les télés. Je ne regrette pas du tout ce passé hétéronormé dans lequel j'ai appris à donner l'image de quelque'un bien dans sa peau et je jouais le jeu.

Mais avec mon homme, nous avons ressenti le besoin de rencontrer des amis gays. Des amis, pas des copains de plans à plusieurs. J'ai ressenti ce besoin de rencontrer des gens comme moi, des gens qui partagent les mêmes envies que moi, les mêmes espoirs que moi, les mêmes craintes que moi. Bref, tout ça tourne beaucoup autour de moi. A moins que ça ne tourne autour de nous ? J'ai toujours critiqué avec beaucoup de force tout communautarisme quel qu'il soit : de sexe, d'origine, de religion, de préférence sexuelle. Mais je mets de l'eau dans mon vin. Ainsi, dans mon lycée, à ceux qui flippent en voyant les élèves se regrouper par communauté, j'aime leur répondre que le danger véritable serait qu'ils se ferment complètement aux autres,mais que le regroupement en communauté peut parfois aider car on se sent compris et plus forts à plusieurs. Il faut juste éviter l'exclusivité. Peut-être que je me trompe, mais c'est comme ça que je le ressens actuellement.

Quand je fais des soirées avec des amis gays, je n'ai pas de gène à enlacer mon homme, à l'embrasser, à faire des blagues sur le cul... chose que j'ai du mal à faire avec des hétéros, même mes plus vieux amis. Et puis ça rassure. On n'est pas seul, on est plus fort. J'aime me dire que ce gars en face de moi est monsieur tout le monde dans la vie.