23.06.2008
Pour une école sans discrimination
Le thème de la marche des fiertés de cette année est "Pour une école sans discrimination".

Ce thème rappelle la circulaire de rentrée 2008. Tous les ans, en fin d'année scolaire, nous recevons la circulaire de la rentrée suivante qui annonce les priorités que l'on doit mettre en oeuvre pour l'année à venir. Cette année, la circulaire de rentrée, dans l'artcle 9 dispose :
"Lutter contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie
L’école doit offrir à tous les enfants des chances égales et une intégration réussie dans la société. Sa mission est donc aussi de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, de permettre une prise de conscience des discriminations, de faire disparaître les préjugés, de changer les mentalités et les pratiques. Au sein des établissements, une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes à l’intégrité physique et à la dignité de la personne : violences racistes et antisémites, violences envers les filles, violences à caractère sexuel, notamment l’homophobie.
Par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre la violence dans et autour des établissements demeure une priorité absolue."
Quand j'ai lu cette circulaire, je me suis d'abord dit : "Wouaouh ! Enfin le ministère qui se décide à faire quelque chose ! En voilà une idée qu'elle est bonne !"
Puis je l'ai relue en me concentrant (ben oui, je sais, c'est pas bien, mais j'avoue que souvent les circulaires, je les lis en diagonale tellement c'est chiant...)
Alors le ministre il me rappelle ma mission. Je dois "promouvoir l'égalité...pour changer les mentalités et les pratiques." OK, rien de neuf sous le soleil. Puis, j'apprend que l'an prochain, dans mon établissement, "une importance particulière devra être accordée aux actions visant à prévenir les atteintes... notamment homopob[es]." Et enfin, "par tous les moyens, prévention et sanction, la lutte contre les violences demeure une priorité absolue".
OK. heureusement qu'ils emploient le mot "demeure" parce que sinon on aurait pu croire que jusque là l'école était une zone de non droit où les élèves étripaient les profs et pouvaient s'insulter en toute impunité. Ouf, l'honneur est sauf !
Donc, voilà pour la relecture expliquée et commentée de cet article. En résumé, la seule et unique nouveauté, c'est que pour la première fois, le terme "homophobie" est employé. Mais ça ne va pas plus loin.
Il faut rappeler que pas plus loin que l'an dernier, l'homophobie n'était pas reconnue à l'école. Il y'a un logiciel qui s'appelle SIGNA (maintenant c'est CIVIS), dans lequel chaque bahut recense les actes de violence commis à l'école. Cela va de l'insulte au lancer de projectile, viol... etc... Les catégories sont très strictes et il est parfois ardu de signaler un fait de violence car il ne rentre pas dans une case. Bref, ce logiciel est là pour savoir comment va l'école. Et pour chaque acte, on doit préciser s'il a été commis avec une connotation particulière comme "antisémite", "raciste", "sexiste", "sous la menace et la contrainte"... Mais pas plus. L'an passé, j'ai mis à la porte quelques jours un élève qui avait traité un prof de "sale pédé". Puis j'ai voulu le signaler sur le logiciel et dans la catégorie "connotation", j'ai cherché la case "homophobe". Ne la trouvant pas, j'ai envoyé un mail au Rectorat qui m'a dit qu'il fallait utiliser la case "sexiste". Mouais. C'est pas que je nie l'existence d'insultes et actes sexistes, mais un "sale pédé" et un "grosse greluche", c'est pas la même chose.
Lutter contre l'homophobie à l'école, c'est louable. Mais il reste une question, et de taille : "comment ?". Quand je cherche sur internet des kits pédagogiques pour aborder ce thème, je tombe sur des sites québécois. En classe, j'imagine mal faire un cours "spécial homophobie"... Bien sûr cette notion est abordée, mais quand le programme le demande, par exemple en Éducation Civique Juridique et Sociale, ou en histoire avec la seconde guerre mondiale. Dans les bahuts du secondaire, il y'a aussi ce que l'on appelle les Comités d'Éducation à la Santé et à la Citoyenneté. Dans cette instance, on réfléchit autour de projets à mener, d'exposition, de manifestations à organiser, pour travailler autour de la citoyenneté et de la santé. Mais là, je dois dire qu'on sèche sur l'homophobie. Je suis désolé, certains me trouveront lâches, mais je me vois mal dire à une classe comme ça, de but en blanc, que les homosexuels sont des gens comme les autres. Ne vous méprenez pas, ils sont comme les autres (je serai bien con d'avancer le contraire), mais à mon sens, c'est trop l'affiche, une sorte de coming out détourné. Et ça, ben j'ai pas envie.
Nous allons sans doute détourner ceci en faisant appel à Amnesty International, pour parler des gays en Iran ou en Syrie (rappelons que le président syrien vient à Paris le 14 juillet), de la loi de 1981 dépénalisant l'homosexualité... Tout ça pour provoquer une réaction, une réflexion, et, pourquoi pas, un débat.
Bref, tout ça pour dire que, si les intentions sont louables, la mise en pratique s'avère difficile...
Pour la ptite histoire, hautetfort me souligne en rouge le mot "homophobe" et me propose "homophone..."
12:22 Publié dans Le plus beau métier du monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, homophobie, gay pride, politique
23.12.2007
Homophobie légale
Pour preuve, le Bureau de vérification de la publicité (BVP) vient de publier un avis visant à retirer une récente affichede l’Inpes présentant deux hommes allongés l’un sur l’autre. Cette décision fait écho à des plaintes formulées à l’égard d’une publicité télévisée Dolce & Gabbana diffusée récemment, exposant un couple d’hommes et un couple de femmes.

Comme pour se justifier d’avoir autorisé la diffusion au grand public d’une publicité TV vendant des montres et mettant en scène deux gays et deux lesbiennes s’embrassant entre eux, le BVP s’acharne à vouloir censurer une affiche de prévention sida exposant deux hommes nus. Or, cette campagne produite par l’Inpes, organe public dépendant du ministère de la Santé, a été le fruit d’un travail collaboratif mené par l’artiste reconnue Nan Goldin et une consultation des associations de lutte contre le sida, dont Act Up-Paris fait partie.
Dès lors, au nom de quoi une association de professionnelLEs de la pub qu’est le BVP viendrait à demander le retrait d’un tel message de prévention ? Au nom d’une fausse « doctrine déontologique » venant dénoncer dans ce cas l’exposition de personnages ouvertement homosexuels dont les postures « hyper-sexualisées » et les propos seraient « choquants pour le grand public ».
Or, cette affiche de l’ Inpes a fait l’objet d’une campagne ciblée et destinée à une communication dans le quartier parisien du Marais et la presse gay. Et quand bien même aurait-elle fait l’objet d’une diffusion beaucoup plus généralisée auprès du grand public, elle n’adopte aucune posture « hyper-sexualisée », et ne présente même pas l’once d’une partie intime.
Incontestablement, le BVP adopte encore une fois une position homophobe, à l’instar de celle qu’il avait pu avoir lors de l’histoire des affiches du métro parisien pour le salon LGBT « Rainbow attitude ». Il y a peu, cet organe de contrôle avait aussi fermé les yeux sur un spot de pub transphobe, dont Act Up-Paris a pourtant obtenu le retrait.
Act Up-Paris dénonce cette sempiternelle homophobie des organes de contrôle des médias. De même que l’irresponsabilité criminelle de ces organes qui font preuve, outre d’une pudibonderie déplacée, d’une rare incompétence puisqu’ils mettent sur le même pied des publicités commerciales et des messages publics de prévention. C’est d’autant plus inadmissible que, 25 ans après le début de l’épidémie en France, nous ne pouvons plus nous contenter de messages de prévention hétéro-normés et empreints de mièvrerie.
Act Up-Paris exige :
- que cette affiche continue à être diffusée auprès de la population gay et du grand public
- que les messages de prévention fassent l’objet de campagnes grand public ciblées, multipliées et explicites
- que l’Inpes et le ministère de la Santé condamnent la position de censure du BVP sur ces message de prévention.
- que le BVP reçoive les organisations de lutte contre le sida afin d’être enfin informée des réalités de l’épidémie et du caractère absurde de ses positions en la matière.
Personnelement, je trouve dommage, encore une fois, qu'une photo qui pourrait parler à beaucoup de jeunes, de gays, soit retirée et interdite. Les photos hétérotes ne me parlent pas forcemment.
Quanà à la pudibonderie du BVP, c'est simplement du foutage de gueule ! Ils laissent les pubs pour les soutifs à 12 € de C&A et bloquent sur cette photo...
Tout comme Soft Drink, si vous êtes choqués par cette interdiction et si cette photo vous paraît avoir une utilité potentielle, faîtes la tourner sur vos blogs...
18:45 Publié dans mauvaise note | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, homophobie, sida, act up paris, blog
26.10.2007
"Tapette"
Homophobie primaire... une histoire parmi tant d'autres...

Hier, je me fais payer un café par une surveillante que j'adore... Ce que je ne savais pas c'était que ce n'était pas ses sous à elle, mais ceux d'un collègue prof, qui lui avait demandé de lui amener un café en cours... Munis de nos cafés, nous allons vers les ateliers, nous rentrons dans la salle d'électrotech. Un bonjour général de la part des élèves nous accueille, sympa !
Ma copine surveillante donne le café au collègue, qui dit "et elle est où ma monnaie ??"
On lui dit en rigolant qu'on s'est payé un café dessus pour nous rémunérer sa livraison du café en classe... Et lui de répondre en hurlant (bon, et en rigolant aussi...) : " Ah, mais j'avais pas dit qu'il fallait payer un café à cette tapette !"...
Ce mot gentil m'était destiné bien sûr... Ce à quoi j'ai répondu, en hurlant aussi pour que les élèves m'entendent : "Qu'est ce qu'il a le vieux, il est pas content ?"
Précisions :
- la classe était pleine d'élèves qui ont rigolé, car bien sûr, c'était très drôle...
- le collègue en question est très bourru, genre je reluque les collègues profs femmes et aime bien traiter ses collègues hommes de "tapettes", "ma caille"... Je pense que ce n'est jamais méchant car il le dit en rigolant mais bon...
- Je suis sûr que le collègue ne sait rien pour moi. Et il m'aime bien quand même. Bref, c'était de l'humour.
Malgré tout, je trouve la situation très limite, malsaine. La classe était plein d'élèves, pas les plus cools et encore moins les plus open. Bref, des BEP électrotechnique quoi... Des gentils garçons avec qui j'ai beaucoup de plaisir à discuter mais qui parfois peuvent être épuisants.
Je n'ai qu'une peur, c'est que ces élèves racontent l'anecdote aux autres, que la rumeur s'amplifie... J'espère vraiment que les élèves auront compris que ce n'était que de l'humour...
Rien de grave dans l'absolu, mais ça me gave quand même...
10:40 Publié dans mauvaise note | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, homophobie, travail, journal intime, blog, de tout et de rien
21.09.2007
Etre prof et avoir une vie privée
Au fur et à mesure de mes lectures blogguesques, je réalise que nous sommes nombreux à être pédébloggueur et enseignant.
Je me sens vachement moins seul parce que c'est pas dans mon lycée que je trouverai un collègue copine ! En tout cas, pas parmi les profs de méca ou d'électrotech. Et c'est tant mieux ! C'est pas que le bleu de travail ne puisse pas être sexy, mais encore faut-il qu'il soit bien porté !
Un jeune collèguenous fait part d'une de ses aventures. Une élève lui a posé THE question : "Êtes vous gay ?" Je crois que c'est la question que l'on redoute tous d'avoir un jour.
Cette question ne m'a jamais été posée de façon aussi directe, mais peut-être de façon plus détournée, du genre : "Mssieur, est-ce que vous êtes marié ?" ou encore "Zavez une choum mssieur ?" (comprenez est-ce que vous avez une meuf, une fille quoi...) J'élude ou je réponds (selon mon humeur du moment) à ces questions en riant car elles sont généralement posées par des jeunes filles aux yeux qui pétillent... (et oui je me la pète !)
Parfois aussi des jeunes me font des remarques du style : "Ouahhh mssieur, comment vous vous habillez trop bien !" ou encore "Trop la classe mssieur..." Je réponds alors qu'il s'agit d'une marque de respect envers les élèves et mes collègues que de bien m'habiller et de prendre soin un minimum de moi.
Mais ma collègue m'a rapporté il y'a quelques temps les propos d'un élève :"Mssieur X (moi), il est gay, il s'habille trop bien...) Bref, je ne savais pas que les hétéros s'habillaient obligatoirement avec des sacs à patates.
Toutes ces anecdotes pour un constat simple, bête et méchant :
Nous avons tous connu, dans notre adolescence, des moments de doutes, de peur, à la découverte de ce que nous étions vraiment. Et dans ces cas là, je pense qu'on cherchait des modèles positifs pour être rassurés. Parmi mes élèves, je reconnais en certains jeunes garçons et jeunes filles ce que j'étais.
Mais jamais, vraiment jamais je ne m'outerai et j'espère ne jamais l'être. Dans mon bahut, les élèves sont durs et j'aurai peur de leur réaction. Et plus que tout, j'aurai peur de la réaction de l'administration. Pas envie que l'on ne me confonde avec certaines perversions légitimement et légalement condamnables. Pour la petite histoire, lisez ceci.
C'est con, très con, car ça ne fait pas avancer notre cause. Mais c'est comme ça. Être obligé de jouer le jeu de la société hétéronormée me fout la gerbe parfois, souvent.
18:40 Publié dans Ben moua j'pense que... | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, blog, de tout et de rien, discriminations, homophobie
Fait ièch.
Alors là, je suis super énervé, je viens de taper une chouette note avec des liens et tout et tout...
Et au moment de l'enregistrer, voilà tipas que hautetfort plante ma connexion, me demande de me re identifier, et zappe tout ce que je venais de taper.
Merde.
Vais me griller une clope et si j'ai le courage je la retaperai.
Sinon tant pis.
09:55 Publié dans Oh noooon... des salsifis... | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, blog, de tout et de rien, discriminations, homophobie
12.07.2007
Que faire ?
L'Iran s'apprête à exécuter plusieurs homosexuels
Simplement parce qu'ils sont homosexuels, plusieurs hommes pourraient de nouveau être pendus prochainement en Iran. Dans une indifférence internationale quasi générale.
Mardi, le porte-parole du pouvoir judiciaire iranien, Alireza Jamshidi, a annoncé la mort "dans les prochaines semaines" de vingt personnes accusées de "crimes immoraux", terme sous lequel le régime amalgame viols, blasphèmes, adultères et homosexualité.
Une quinzaine des vingt personnes auraient été arrêtées pendant l'opération de "moralisation" engagée par la police en mai dernier dans les quartiers les plus pauvres de Téhéran.
Selon le correspondant de l'agence de presse italienne AKI, Ahmad Rafat, cité par le magazine homosexuel français Têtu, l'accusation de «lavaat» (homosexualité masculine) concernerait six des vingt personnes. La direction de Têtu a alerté le Quai d'Orsay, qui répond que ses services "cherchent à obtenir des précisions".
Il y a deux ans, à Mashad, deux adolescents avaient été pendus pour homosexualité. L'un était encore mineur. Il y a une semaine encore, dans le nord-ouest du pays, un homme a été lapidé pour adultère. Le chef du pouvoir judiciaire avait pourtant officiellement suspendu la peine de mort par lapidation.
14:59 Publié dans Ben moua j'pense que... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, homophobie, iran, peine de mort, politique
10.05.2007
Je n'aime pas mentir

Opération don du sang dans mon bahut...
Une opération rondement menée, beaucoup d'élèves et de profs volontaires pour donner... Des petites racailles qui viennent en tremblant devant les infirmières et leurs instruments de torture... avec le sentiment de faire une bonne action. Bon, peut-être aussi que ça leur permettait de sécher une heure ou deux... Mais dans tout les cas, ça m'a fait chaud au coeur de voir cet engouement pour ce geste de solidarité..
Mais c'est aussi l'occasion pour moi de rédiger une note sur un thème qui me tient à coeur, à savoir l'inadmissible exclusion des gays des donneurs potentiels de sang. Les gays ne peuvent pas donner de sang. Jamais. D'ailleurs, il n'y a pas besoin d'être gay, mais il suffit seulement d'avoir essayé une fois de faire l'amour entre hommes. Je pense que beaucoup d'hommes sont dans ce cas là. Au nom du principe de précaution, les gays ne peuvent donner leur sang. Ils sont considérés comme population à risque. Au même titre que les personnes ayant séjourné plus de 6 mois consécutifs ou on dans les îles britaniques entre 1980 et 1995.
En ce qui me concerne, je trouve que c'est une formidable insulte faîte aux homos et aux malades.
Ce faisant, ils se privent d'un nomùbre important de donneurs. Et pendant ce temps, ils font des appels aux dons en période de pénurie. Pourtant, les tests effectués sur les dons sont les mêmes avant l'utilisation pour un malade. Pourtant, chacun est responsable de ses actes, de ses choix, hétéros, homos...
Je ne supporte pas la question du mèdecin durant l'entretien confidentiel : "Vous n'êtes pas fatigué pour donner... Vous ne vous droguez pas... Vous n'avez pas eu de partenaires multiples dans les 6 derniers mois, Pas de relation non protégée... vous n'êtes pas homosexuel ??"...
Je n'aime pas mentir.
09:39 Publié dans Oh noooon... des salsifis... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, solidarité, civisme, homophobie, de tout et de rien
25.04.2007
Il l'a dit...
Nous étions au courant du gène de la pédophilie, de celui du suicide... NS a aussi parlé du gène de l'homosexualité. Je n'étais pas au courant, peut-être l'étiez vous...

Merci à Renepaulhenry et à Pingui pour l’article extrait du Canard Enchainé.
10:11 Publié dans Oh noooon... des salsifis... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, homophobie, politique, ségolène royal, nicolas sarkozy, bayrou
24.04.2007
Même le pire


10:25 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, sarkozy, homophobie, royal, ségolène, socialiste
23.04.2007
Mon 22 avril à moi
Ca y'est, les résultats sont tombés... Le second tour le plus probable est finalement celui auquel on aura droit. Gros ouf de soulagement pour moi.
La journée du 22 avril a été pour moi très particulière. Elle a commencé en fait dès la veille au soir. Je n'arrivais pas à trouver le sommeil et une fois trouvé, je n'arrivais pas à le garder. Mon stress était équivalent à celui d'un candidat au bac la veille de l'épreuve de philo où à celui d'une future mariée la veille de la cérémonie.
Réveil à 6h20. Douchage, faisage beau, habillage. En route pour le bureau de vote où j'ai été nommé assesseur titulaire.
8h00. On ferme l'urne, on me confie la clefs. Je ne dois pas la sortir avant 20 heures.
J'ai passé la matinée à vérifier les cartes électorales et les pièces d'identité. Et j'en ai vu défiler des gens. Des centaines... Il y'avait la queue en face de moi. Je jubilais. Tout ces gens, qui ont répondu présent pour s'exprimer...
J'ai vu de petits jeunots, nés en 1989, tout juste majeurs, perdus, ne sachant pas comment voter, et qui avaient la main qui tremblait pour voter. J'ai vu de vieilles mamies, qui tremblaient aussi... Sans doute pas pour les même raison, mais qui ont tout fait pour glisser eux même leur bulletin dans l'urne...
Un vieux papi de 94 ans me confie en riant : "A chaque élection, je me dis que c'est la dernière fois que je vote, et puis je reviens toujours..." Je lui ai répondu que c'était parce qu'il avait toujours quelque chose à dire...
J'ai vu des dames voilées, des djeuns en jean baggy, des skatteurs avec la casquette de travers, des familles venir voter au complet après le repas de midi, des mamis venir voter avec leur yorkshire, des papis qui se faisaient aider du petit fils pour marcher...
J'ai vu des jeunes qui demandaient comment faire pour voter. Jusqu'à ce qu'on s'aperçoive qu'ils n'étaient pas inscrits. Ah la la la...
J'ai vu des gens demander si nous avions besoin d'un coup de main pour dépouiller le soir, parce que "c'est amusant".
J'ai vu des voisins passer devant moi, fiers de glisser leur bulletin dans l'urne.
Moi aussi j'ai voté. Atteint de TOC, j'ai vérifié 3 fois que mon bulletin était bien celui de ma championne. Quand mon enveloppe est tombée dans l'urne, j'ai été envahi par ce sentiment qui revient à chaque vote : celui que mon vote est celui qui va changer la face du monde. Ridicule, ma voix se perd parmi les 44 millions d'électeurs.
18 heures. L'heure de Morandini et des journaux suisses et belges. Un rapide coup de fil à mes amis connectés me rassure. Il semble que Ségolène soit au second tour. Face à Sarkozy. Normal.
20 heures. Les résultats tombent. Nous, on commence à peine à dépouiller. En ouvrant les enveloppes, les gens disent "Sarkozy", "Bayrou", "Le pen ", mais ils disent "Ségolène". Et pas Royal. Je souris.
Cette expérience dans le bureau de vote m'a vraiment emballé. Le président du bureau m'a remercié châleureusement. Même si nous ne sommes pas du même bord, il m'a serré la main en disant de moi que j'étais un "citoyen exemplaire". J'en rougis encore. Je conseille à tout le monde de tenter le coup.
J'y retourne le 6 mai.
D'ici là, je jure me battre tous les jours pour conviancre, pour faire barrage à celui qui me fait flipper, le G. Bush bis, le gringalet assoiffé de pouvoir...
12:54 Publié dans Chouette, des frites à la cantine ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, élection présidentielle, homophobie, politique, sarrkozy, royal