08.01.2008

Ephémère

Et voilà, ma rentrée est passée. Et, contre toute attente, elle s'est plutôt bien passée. Moi qui l'appréhendais, qui, dimanche soir, me tournais et me retournais dans le lit à la recherche du sommeil en pensant au lendemain, je dois dire que, comme d'habitude, je me suis fait une montagne de pas grand chose.

C'est tout moi ça, je me noie dans un verre d'eau.

Ma résolution de 2008 consiste en une chose simple, bête et méchante. Je dois apprendre à dire "non" et/ou "merde" quand j'en ai envie. Car à bien y réfléchir, ce ne sont pas les élèves qui me gavent au boulot. Au contraire, s'ils sont souvent fatiguants, parfois exaspérants, toujours pleins d'énergie, de temps en temps méchants, ils ne sont rien face à la connerie sans bornes dont peuvent faire preuve certains collègues. Et moi, trop gentil que je suis  j'étais, je laissais passer, quitte à m'écraser et à ruminer dans mon coin. Maintenant que j'ai compris ça, je me suis juré, si je ne veux pas avoir un ulcère à l'estomac dans les prochaines semaines, de dire ce que je pense. Gentiment, toujours (on ne se refait pas), mais fermement.

Hier donc, ma rentrée s'est faîte au son des "Bonne année M'sieur..." de mes élèves. Et des "bonne année", j'en ai eu à la pelle. Certaines filles me le disaient avec des yeux de biche, en me demandant s'il était possible de me faire la bise, certains m'ont serré la main... même les caïds me l'ont souhaité. Quand je vous disait que les élèves peuvent parfois être charmants...

Et puis il y'a eu les "bonne année" des collègues. Souvent beaucoup moins francs et moins souriants. Plus une formalité quoi, une politesse de façade. Et puis il faut dire que moi, passé le 1er janvier, j'oublie de présenter mes voeux aux gens que je vois pour le première fois de l'année. Il paraît que l'on a jusqu'à la fin du mois pour le faire mais bon...

Et ce matin, je me suis levé de bonne humeur, très tôt pour aller tracter à la gare. Et oui, les municipales, c'est dans 2 mois. Et pour ceux qui ne le sauraient pas, je suis sur une liste, donc je m'y colle.

Détail insignifiant pour vous mais qui prolonge ma bonne humeur : ce matin, dans ma voiture, alors que Mika passait à la radio (Love Today), et que je passais sur un pont depuis lequel on peut voir tout Paris, j'ai été émerveillé par la couleur du ciel, entre le bleu et le rose de l'aube, les nuages blancs qui décoraient le tout, le soleil qui m'éblouissait aussi... Des moments comme ça, qui ne durent qu'une fraction de seconde, mais qui restent dans un coin de la mémoire, qui font que l'on ne pense à rien d'autre. Ces moments là me font penser à mon sujet de philo au bac : "l'éphémère a-t-il de la valeur ?" Dans ces cas là, bien sûr que oui. Grâce à ce joli ciel matinal, j'ai le sourire scotché pour toute la journée. Merci soleil.

16.05.2007

Billet d'humeur.

 

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Dure journée au boulot quecelle d'aujourd'hui...

un grand besoin de vacances, de ne plus aller travailler, ou de changer de bahut. Il y'a des jours où travailler en ZEP +++ ne me dérange pas, d'autres où je suis à bout. Mais ces moments où j'ai envie de tout envoyer chier, cen'est que rarement à cause des élèves.

Non, un lycée avec que des élèves, ça irait.

Le problème, c'est les collègues.

Il y'a la prof qui exclut les élèves sans rapport d'incident et qui me demande d'engueuler le jeune...

Il y'a celui qui crie au scandale parce que ça fait la 2 ème fois que B. n'a pas son compas. Et il veut que j'appelle les parents sur le champ. Sans rire, il ne peut pas le faire lui même ?

Il y'a aussi celui qui vient pleurer dans mon bureau parce que personne dans la classe dont il est le professeur principal n'a eu son bac blanc. Il n'a pas encore compris que tant que c'est du blanc, les élèves s'en foutent ?Et qu'est ce qu'il veut que j'y fasse moi en plus ?

Il y'a aussi celle qui confond mon bureau avec le serrurier du coin, car "il y'a de la glu dans la serrure de ma salle, je ne peux pas entrer... tu viens STP ?" Sans rire, j'ai l'air de m'y connaître et d'avoir le temps à faire ça ? Tu changes de sallle et on voit plus tard...

Il y'a aussi celle qui entre dans mon bureau sans frapper alors que je console une élève qui pleure pour me demander "Une boîte de craie s'il te plait..." Si jamais j'avais dérangé son cours d'anglais, j'étais mort moi. D'ailleurs, elle est morte.

 Il y'a les surveillants qui "ne peuvent pas venir bosser demain parce que j'ai eu un accident de voiture et je ne peux aller voir l'autre partie pour faire le constat que demain..." Ah ouais, et ça te prend toute la journée ? Et tu ne peux pas le faire sur ton jour de repos ? Ta paye elle va partir aussi voir ailleurs faire un constat...

Et il y'a aussi ce brouillon de rapport que j'ai fait sur un élève mardi soir en coup de vent. Les élèves en question sur le rapport m'avaient sérieusement  cassé les c... Les heures de colle étaient tombées en rafale...Je n'ai même pas fait des phrases avec sujet verbe complément, j'ai fait en plus plein de dessins de Titi et Rominet, de lapin... des inscriptions à la con... J'attendais de le rédiger au propre. Malheureusement pour moi, un collègue l'a passé au proviseur. Ce matin, j'ai eu droit à "c'est pas sérieux, qu'est ce que vous voulez que je fasse de ça... et nia nia nia et nia nia nia..." de la part du proviseur. Heureusement, c'est un homme bien et il a pris le temps de m'écouter et de me croire. Mais bon, ça craint.

Bref, je suis d'humeur massacrante et prêt à mordre.