10.01.2008
Là où je montre à un hétéro qu'un homo sait mieux changer une roue que lui.
Vous savez tous que je suis une bille en mécanique automobile... J'en avais parlé il y' a presque un an. Je suis du genre à ne pas savoir ce qu'est une bougie de préchauffage. Que voulez-vous, personne n'est parfait et j'ai d'autres talents...
Mais j'ai trouvé pire que moi. Bien pire même.
Au lycée, parmi tous les profs, il y'en a un qui sort du lot. Un prof de sport, jeune, 22 ans, très grand, avec une voix super grave. Pas forcément un canon de beauté, mais on peut dire sans peine qu'il plaît bien aux élèves de sexe féminin et sans doute à d'autres, de sexe masculin. Le prof en question arrive au lycée, trempé (il pleuvait hier). Il va à la loge, et demande à la gardienne d'appeler une dépanneuse car il a crevé un pneu de sa voiture. La gardienne éclate de rire et lui dit qu'il ne va tout de même pas appeler une dépanneuse pour un pneu. J'étais dans les parages, et la gardienne lui dit "va voir anydris, il s'y connaît en changement de roue, ça lui est arrivé récemment..."
Quand j'ai entendu ça, mon premier réflexe a été de tenter de me cacher dans une armoire pour éviter ça. Puis, à la réflexion, je me suis dit que c'était l'occasion de montrer à ce prof de sport ce dont j'étais capable...
Quand je lui ai demandé s'il avait une roue de secours, il m'a répondu "sans doute" et s'il avait un cric, il m'a demandé ce que c'était. Bordel, il est vraiment sacrément pire que moi.
Bien sûr, il a crevé en plein milieu de la cité de la ville où je travaille. Direction donc le quartier, ses tours HLM et ses jeunes qui tiennent les murs.
Moi, plein d'assurance, je commence à m'atteler à la tache, tout fier de dépanner ce collègue. Bien sûr, il s'agissait d'un geste totalement désintéressé et purement amical. Bien sûr.
Bon, je l'avoue, j'ai un peu galéré. En plus il pleuvait et démonter une roue sous la pluie, c'est pas top. S'il avait fait beau, j'y serais arrivé du premier coup. En tout cas, c'est ce que je lui ai dit. Et puis sa caisse était vraiment pourrie "une vieille caisse d'occaz achetée il y'a 3 ans avec ma copine" qu'il m'a dit. Donc il a une copine.
Bien sûr, plein de djeuns élèves du bahut qui passaient par là (d'ailleurs, n'auraient'ils pas dû êtres en cours en y repensant ?) se sont arrêtés : "Wesh, zavez des soucis mssieur ?" en s'adressant à moi. Et là le prof de sport de répondre : "Non non, c'est moi qui galérait, mais grâce à Monsieur le CéPéHeu tout va bien maintenant"( Mouais c'est facile à dire, c'est pas lui qui a les mains dans le cambouis et la boue...)
Le prof de sport, dans son jogging et ses baskets, me regardait faire, en disant tout le temps "heureusement que t'es là quand même !!! " et en s'excusant et me remerciant toutes les 30 secondes...
Trop fier que j'étais, je suis rentré au bahut les mains toutes crades. Ça fait viril les mains crades, pleines de cambouis. Ça fait genre "je me débrouille moi", voire même "je m'y connais hé hé...". Du coup, avant d'aller me laver les mains, j'ai bien pris le temps de me faire semblant de me plaindre à tous mes collègues "Pffff... fait chier de changer une roue sous la pluie... non, non, c'est pas moi qui ai crevé, c'est le collègue... bah, je lui ai rendu service, c'est pas sorcier de changer une roue..."
Pour une fois que je pouvais faire mon crâneur et rendre service à un jeune et pas vilain collègue en détresse, je n'allais pas me gêner...
08:40 Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gay, homosexualité, journal intime, de tout et de rien, blog, roue crevée